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Rééducation et réadaptation

La rééducation est une démarche globale qui permet à la personne atteinte de cécité ou de malvoyance de mieux connaitre la nature de sa déficience et ses conséquences, de faire le point sur ses capacités préservées et de retrouver un maximum d’indépendance en mettant en œuvre les moyens nécessaires.

Pour ce faire elle va développer et utiliser toutes les perceptions sensorielles, y compris visuelles si elles persistent, mais aussi apprendre des techniques spécifiques de compensation.

La durée de la rééducation est variable, de quelques jours à plusieurs mois. Elle dépend de la situation spécifique de chaque personne et est adaptée aux besoins de chacun. 

Déplacements

L'objectif est de permettre à la personne de se déplacer en sécurité, avec aisance et avec le maximum d´autonomie qu´elle sera capable d´acquérir.

L’apprentissage s´appuie sur le développement sensoriel : ouïe et sens kinesthésique essentiellement, mais aussi toucher, odorat et bien évidemment sur la pleine utilisation des possibilités visuelles préservées.

 

Parallèlement, sont développées les capacités comme le sens de l´orientation, la représentation mentale (d´un lieu, d´un trajet, etc...), la mémoire, la concentration, la déduction logique.

L'apprentissage de la technique de canne longue, qui permet la détection des obstacles et ainsi assure la sécurité du déplacement, est proposé à certains déficients visuels afin que, selon leurs besoins propres, ils puissent l´utiliser : soit en permanence, soit dans des situations particulières seulement (conditions lumineuses défavorables, nuit, zones encombrées par exemple).  

Activités de la vie quotidienne

Toutes les activités de la journée peuvent être abordées en rééducation, cela en fonction des besoins et des possibilités de la personne déficiente visuelle (entretenir ses vêtements, faire le ménage, être autonome pendant les repas et pour faire la cuisine, utiliser le téléphone, participer à des jeux de société, reconnaître sa monnaie, faire ses courses, etc...)

 

Ainsi, à travers ces activités, il est proposé à chaque personne : 

  • de prendre conscience de ses capacités et de les développer face aux situations de la vie quotidienne,
  • de trouver des solutions pratiques pour pallier les difficultés rencontrées,

  • de l´aider à acquérir ou à reprendre confiance en soi,
  • de parvenir ainsi à un maximum d´autonomie pratique. 

Ecriture manuscrite

Quand elle a été apprise dans l'enfance l'écriture manuscrite ne s'oublie pas avec la survenue d'une déficience visuelle. Toutefois, l'absence de contrôle visuel de ce que l'on écrit (l'incapacité de se relire, la peur de faire des fautes, d'écrire mal ou d'avoir des mots ou des lignes qui se chevauchent) empêche fréquemment la personne déficiente visuelle d'utiliser à plein ce que pourtant elle sait toujours. 

 

La personne malvoyante  sera accompagnée pour retrouver la possibilité d´écrire à la main.

Pour certaines personnes qui ont appris le Braille dans l'enfance et n'ont pas eu l'occasion d'apprendre à écrire en noire, il peut être proposé de commencer un apprentissage de l'écriture manuscrite

Informatique et outils de communication

La découverte, ou la reprise, de ces techniques se fait avec deux objectifs :

  • présenter un exercice fonctionnel permettant de développer plus particulièrement la dissociation des doigts, la coordination de certains mouvements.
  • initier à un moyen de communication complémentaire de l'écriture manuscrite ou du braille.

L´abord de l´informatique et plus largement celui des nouvelles technologies d'information et de communication (ordinateur, tablette, smartphone...) se fait grâce notamment à l´utilisation d'adaptations spécifiques (synthèse vocale, écran braille éphémère, système de grossissement de caractère).

Ce travail permet de développer l’attention, la mémoire et la résistance à l´effort. 

 

Le braille

La découverte et l´apprentissage du système Braille (intégral puis abrégé) sont proposés comme un moyen permettant l´accès à l´écriture et à la lecture. Cela suppose le développement d´un toucher fin et précis et de bonnes qualités de concentration, de mémoire et de déduction.

Des connaissances au moins moyennes en orthographe et en vocabulaire sont des éléments favorables à l´acquisition de cette technique. 

 

Les personnes malvoyantes ne sont pas toutes redevables du braille lorsqu´après développement des capacités visuelles, la lecture en noir reste fonctionnelle et performante.

Orthoptie

Pour toute personne malvoyante ayant conservé un potentiel visuel, il est important de parvenir à déterminer les conditions de son efficience visuelle ainsi que les divers moyens d'optimiser son confort de vision.

Pour cela des mises en situation proches de celles rencontrées dans sa vie quotidienne permettront de définir :

  • le choix des lunettes correctrices les plus adaptées,
  • les aides optiques éventuellement nécessaires (choix de corrections, de filtres ou de système optique de près ou de loin, de moyens de grossissement optiques ou électronique),
  • les adaptations pratiques utiles (guide ligne, pupitre contrasté, choix de l'éclairage le plus approprié, des contrastes et adaptations contextuelles facilitatrices),
  • les stratégies de focalisation et/ou d'exploration visuelle.
 

Ce travail, mené par les orthoptistes en lien avec l'ophtalmologiste et l'opticien, mobilise l'ensemble de l'équipe rééducative afin de cibler au plus près les possibilités d'adaptation (ou d'amélioration quand c'est le cas) de l'efficience visuelle de la personne malvoyante.

Il s'agit donc de combiner à la fois une démarche rééducative où la personne va s'entraîner à utiliser différemment sa vision altérée, et une démarche de réadaptation où des solutions concrètes seront appliquées aux problèmes pratiques.

L'objectif est de permettre à la personne d'intégrer de manière positive un potentiel visuel, aussi réduit soit-il, à l'ensemble des perceptions (auditives, tactiles et olfactives) reçues et traités par le cerveau. C'est aussi l'aider à interpréter des informations visuelles imparfaites en s'appuyant sur l'ensemble de ses acquis perceptifs et pratiques.

Ergothérapie et psychomotricité

L’ergothérapie

Le développement méthodique des aptitudes manuelles, et leur utilisation plus étendue, est une nécessité pour la personne malvoyante ou aveugle. Elle utilisera des renseignements donnés par le toucher. Elle agira avec plus d´efficacité et d´aisance si ses gestes sont précis.

C´est pourquoi des activités artisanales (vannerie, poterie, macramé), du bricolage, du jardinage, font également partie intégrante de la rééducation, selon les besoins de chacun.

L´objectif est de développer l´habileté manuelle, les stratégies gestuelles et les capacités d´organisation. 

 

La psychomotricité

La psychomotricité, proposée dans un certain nombre de cas, permettra :

  • en l´absence du contrôle visuel, une meilleure prise de conscience du corps, de ses capacités et de sa situation dans l´espace,
  • et aussi de faire face à certains troubles d´orientation, d´équilibre, de coordination, et du contrôle corporel lors de la marche par exemple.

 

 


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